RACE : La Salers     Retrouvez FVBW sur Twitter   Retrouvez FVBW sur Facebook

Une origine ancienne et encore incertaine …

L’historique des hommes de la zone " berceau " de la race Salers, montre que le premier peuple connu de cette région était constitué d’un mélange de Celtes et d’Ibères. L’existence de cette souche ibérique laisse penser q’une migration de population a eu lieu à une époque lointaine, migration qui se faisait systématiquement accompagnée du bétail.

Ainsi, plusieurs hypothèses se sont succédées quant à l’origine de la race Salers.

  • Au sud ouest de la péninsule ibérique, les "retintas" espagnoles, ainsi que les "alentejana" et "algarvia" au Portugal ont une forme de cornage similaire aux vaches Salers (pour les femelles), une couleur de robe et une pigmentation très voisines. Conséquence du climat chaud et sec sans doute, le poil est ras, contrairement à la Salers.
  • Des historiens contemporains espagnols pensent ainsi que le rameau serait venu par l’Egypte, l’Afrique du Nord, Gibraltar et l’Espagne. Pour cela, ils se basent sur les peintures égyptiennes, ainsi que sur celles des grottes de Tassli en Afrique.
  • En Grande Bretagne, la race de "North-Devon", bien que plus petite du fait de la sélection anglaise, à la même robe, le même poil et la même forme de tête que les Salers. Les soldats romains auraient amené ce bétail du Massif-Central.

Ces deux hypothèses pourraient confirmer l’idée que le rameau Salers est issu de la péninsule ibérique, pour migrer vers la France, puis vers les îles Britanniques. Certains auteurs latins situent cette deuxième migration à l’époque de la conquête romaine.

Quoiqu’il en soit, la naissance de la race Salers est lointaine, puisque l’auteur Pline l’Ancien (23 après JC) évoque déjà dans ses écrits les meules de fromages amenées vers Rome par les soldats romains. Ne dit-on pas "la Salers, une race venue de l’orée des temps" ?

Le standard de la race Salers

  • Robe uniforme acajou
  • Tête courte
  • Cornes très larges en forme de lyre
  • Contour des yeux et naseaux plus clairs
  • Membres forts et bons aplombs
  • Bassin légèrement incliné et ouverture pelvienne très larges
  • Poids vif adultes : mâles de 900 à 1250 kg, femelles de 650 à 850 kg

Le standard de la race Salers a été défini pour la première fois dans les années 1900. Aux origines, il était fixé pour une exploitation de race Salers dans le Cantal, d’une part pour un système traditionnel lait-broutard, et d’autre part pour une production de lait-veau de boucherie (Cantal et zones périphérique).

Aujourd’hui, il existe une production de broutards élevés " sous la mère " en système allaitant, qui a justifié la mise au point d’une table de pointage en 1981. Le standard est donc adapté à un système de production donné et fait partie des fondements du programme d’amélioration génétique de la race. Le standard de la race Salers a été rediscuté en début d’année 2002, afin de l’adapter au marché actuel et futur.

Aptitudes

Viande

  • Rendement carcasse de 58%
  • Faible teneur en gras : rapport muscle/gras = 7
  • Finesse du squelette : rapport muscle os = 4,7
  • Carcasses de 400 kg : 75% classés en E ou U
  • GQM élevé de 1200-1350 g permettant d’atteindre 330 kg en  200 jours

Elevage

  • Bonne fertilité
  • Bonne fécondité (moins de 375 jours entre deux vêlages)
  • Vêlage,  grande facilité (99% de facile)
  • Grande rusticité

Utilisation

Le système allaitant

Ce système associe la production laitière pour la fabrication du fromage et la production de broutards ou veaux maigres (c'est-à-dire non engraissés).

Ce mode d’élevage est tout à fait particulier à la région Auvergne, et les méthodes employées sont fondées sur une adaptation aux conditions difficiles de la région. Ainsi, ce système ne se rencontre nulle par ailleurs en France, et il reste un des plus rentables dans cette zone.

La totalité des veaux produits est destinée à la production de viande. Ce système valorise très bien les qualités maternelles de la Salers (production laitière, facilité de vêlage, fertilité et fécondité), puisque le lait de la mère assure la croissance du veau.

En général, les vêlages ont lieu entre janvier et mars, ce qui permet aux veaux d’être suffisamment vaillants pour suivre leurs mères aux estives, et aux éleveurs de vendre les veaux comme broutards (mâles destinés à l’engraissement) à l’automne.

Les vaches et les veaux sont mis à l’herbe vers le 15 avril. Ils assurent ainsi le déprimage des prés de fauche, avant de monter aux estives vers la fin mai. L’éleveur passe alors de temps en temps vérifier que tout va bien. Cette surveillance minimum laisse le temps aux éleveurs de faire les foins.

Au début de l’automne, vaches et veaux redescendent des estives et pâturent alors les regains. Puis les génisses regagnent la vallée. La première distribution de foin, équivalente à la rentrée en étable, s’effectue vers le 20 novembre. Les animaux passent l’hiver à l’étable.

En système allaitant, le croisement des vaches Salers avec un taureau charolais est une pratique très courante. Elle permet d’améliorer la conformation des broutards et ainsi d’augmenter les revenus de l’élevage. Au sein d’un même élevage, les éleveurs gardent généralement leurs meilleures femelles Salers pures pour le renouvellement du troupeau, et destinent les autres vaches, plus "moyennes", au croisement charolais.

Le système semi-allaitant

Dans ce type d’élevage, les Salers sont utilisées à la fois pour la traite et la production de viande. Les éleveurs tirent profit du niveau de production laitière de leurs vaches, supérieur à la capacité d’ingestion des veaux. Les vêlages ont lieu de janvier à mars et les vaches ne sont traites que pendant les trois ou quatre premiers mois de la lactation. Elles rejoignent ensuite le troupeau des vaches allaitantes.

Ce système présente de nombreux avantages :

  • il évite des problèmes sanitaires, comme les diarrhées des veaux ou les mammites (infection du trayon),
  • le lait vendu représente un produit supplémentaire important,
  • le veau dispose en tout de 1300 à 1500 kg de lait auquel il apporte une certaine valorisation,
  • l’hiver étant moins exigeant en travail, l’éleveur rentabilise ses journées en consacrant une partie de son temps à la traite,
  • la traite est terminée quand arrivent les gros travaux de foin,
  • enfin, ce système assure une utilisation rationnelle des bâtiments.

Ce type de système se retrouve principalement dans les départements du Cantal et du Puy de Dôme.

Le double troupeau

Ce système permet à l’éleveur de continuer une activité laitière et de résoudre les problèmes de main d’œuvre liés aux grands troupeaux : l’éleveur ne trait que le nombre de vaches correspondant à ses possibilités, et le reste du troupeau est constitué de vaches allaitantes. Généralement, les laitières sont de races spécialisées (Prim’Holstein ou Montbéliarde), bien qu’il existe quelques élevages avec deux troupeaux de race Salers.

Rusticité

Aptitude à la marche — qualité des aplombs
Résistance au climat
Fertilité, fécondité et longévité
Facilité de vêlage
Des veaux sevrés lourds, sans complémentation

La Salers, une race qui transhume tous les ans

Le Cantal, département situé entièrement en zone de montagne, est un pays d’herbe. Le domaine pastoral d’altitude, " les estives ", recouvrent 58 000 ha, soit près de 10 % du territoire départemental et 70 % des surfaces en estive du Massif Central. Ainsi, de nombreuses exploitations pratiquent la transhumance de leur cheptel bovin, notamment celles qui possèdent des élevages allaitants.

Les estives sont une réserve considérable d’herbe, et sont utilisées entre 130 et 150 jours par an (selon l’altitude et le chargement*). La présence des animaux sur ces terres évite la progression de la friche. Elle permet surtout de libérer les pâturages de la plaine afin d’y récolter le foin nécessaire pour l’hiver.

Le début de l’amélioration génétique…

Le milieu du 19e siècle est une grande époque pour l’amélioration des races françaises ; c’est l’apparition des méthodes de sélection anglaises, avec un vaste échange d’idées entre les propriétaires avertis.

Deux tendances se dégagent alors en race Salers.

La ferme école de St Angeau (Cantal) tente des croisements avec les races anglaises de Devon, Durham et West Highand, mais les sujets produits meurent de phtisie (tuberculose pulmonaire).

Vers les années 1850, Tyssandier d’Escous est officiellement considéré comme le " fondateur de la race Salers ". Farouche adversaire de la contribution des autres races pour l’amélioration de la Salers, Tyssandier d'Escous prêche la sélection par l’accouplement des meilleurs sujets entre eux et l’amélioration de l’alimentation. Mettant en pratique ses théories sur les domaines de la région de Salers (village du Cantal), recrutant en permanence de nouveaux adhérents à ses méthodes, il réussit très vite à donner un grand renom aux animaux provenant du canton de Salers. Il rend ainsi inattaquable l’appellation de Race Salers qui succédait à celle de Race Auvergnate.

C’est également lui qui met en place le premier concours départemental de la race à Salers le 17 août 1853 à Salers.

Le Herd-Book Salers est crée en 1906. A cette époque, la région de Salers n’est plus la seule à promouvoir la race et à présenter des animaux d’excellente qualité. Les premiers standards (ou descriptifs) de la race sont instaurés, mais ils restent encore très succincts. Ce n’est qu’en 1925 que les premières tables de pointage apparaissent. Celles ci sont utilisées pour la commission d’inscription des animaux. A cette époque, la race Salers est mixte, puisqu’elle est apte à produire à la fois du lait, de la viande et du travail.

Avant une phase de déclin.

Puis dans les années 60 arrivent le début de la mécanisation mais aussi et surtout les races laitières spécialisées. La race Salers est alors délaissée, et la production fromagère locale voit ses cours baisser. De plus, le système traditionnel (qui nécessite la présence du veau pour la traite) est trop générateur de main d’œuvre et fait de moins en moins d’adeptes.

Dans ce contexte, la race Salers doit sa survie à la production de broutards* qui partent vers l’Italie, pays très demandeur de ce type d’animaux, mais aussi dans les régions de l’est de la France. De plus, la production de viande bovine à partir d’animaux jeunes (18-24 mois) fait son apparition et s’avère plus rentable économiquement que la production de bœufs.

Dans les années 1970, la race Salers, comme les autres races bovines, n’échappe pas à la brucellose. Un certain nombre d'exploitations du Cantal sont touchées. L’extension de la race aux autres territoires français, notamment vers l’est, est alors ralentie.

Mais un fort développement hors berceau !

La race Salers, partant de l’Ouest du département du Cantal, s’est développée sur une partie plus ou moins importante des départements de la Haute-Loire, du Puy de Dôme, de la Corrèze, du Lot et de l’Aveyron. Son berceau d’origine est donc situé principalement en Auvergne. Cependant, les qualités maternelles et qualités d’élevage de la Salers la font connaître hors berceau. L’intérêt porté à la race dépasse même les frontières et de nombreux pays étrangers découvrent les fabuleux atouts de la Salers. Elle est aujourd’hui présente sur les 5 continents dans 25 pays.

Veau issu d’un croisement Salers-BBB

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