La Salers, une race qui transhume tous les ans
Le Cantal, département situé entièrement en zone de montagne, est un pays d’herbe. Le domaine pastoral d’altitude, " les estives ", recouvrent 58 000 ha, soit près de 10 % du territoire départemental et 70 % des surfaces en estive du Massif Central. Ainsi, de nombreuses exploitations pratiquent la transhumance de leur cheptel bovin, notamment celles qui possèdent des élevages allaitants.
Les estives sont une réserve considérable d’herbe, et sont utilisées entre 130 et 150 jours par an (selon l’altitude et le chargement*). La présence des animaux sur ces terres évite la progression de la friche. Elle permet surtout de libérer les pâturages de la plaine afin d’y récolter le foin nécessaire pour l’hiver.
Le début de l’amélioration génétique…
Le milieu du 19e siècle est une grande époque pour l’amélioration des races françaises ; c’est l’apparition des méthodes de sélection anglaises, avec un vaste échange d’idées entre les propriétaires avertis.
Deux tendances se dégagent alors en race Salers.
La ferme école de St Angeau (Cantal) tente des croisements avec les races anglaises de Devon, Durham et West Highand, mais les sujets produits meurent de phtisie (tuberculose pulmonaire).
Vers les années 1850, Tyssandier d’Escous est officiellement considéré comme le " fondateur de la race Salers ". Farouche adversaire de la contribution des autres races pour l’amélioration de la Salers, Tyssandier d'Escous prêche la sélection par l’accouplement des meilleurs sujets entre eux et l’amélioration de l’alimentation. Mettant en pratique ses théories sur les domaines de la région de Salers (village du Cantal), recrutant en permanence de nouveaux adhérents à ses méthodes, il réussit très vite à donner un grand renom aux animaux provenant du canton de Salers. Il rend ainsi inattaquable l’appellation de Race Salers qui succédait à celle de Race Auvergnate.
C’est également lui qui met en place le premier concours départemental de la race à Salers le 17 août 1853 à Salers.
Le Herd-Book Salers est crée en 1906. A cette époque, la région de Salers n’est plus la seule à promouvoir la race et à présenter des animaux d’excellente qualité. Les premiers standards (ou descriptifs) de la race sont instaurés, mais ils restent encore très succincts. Ce n’est qu’en 1925 que les premières tables de pointage apparaissent. Celles ci sont utilisées pour la commission d’inscription des animaux. A cette époque, la race Salers est mixte, puisqu’elle est apte à produire à la fois du lait, de la viande et du travail.
Avant une phase de déclin.
Puis dans les années 60 arrivent le début de la mécanisation mais aussi et surtout les races laitières spécialisées. La race Salers est alors délaissée, et la production fromagère locale voit ses cours baisser. De plus, le système traditionnel (qui nécessite la présence du veau pour la traite) est trop générateur de main d’œuvre et fait de moins en moins d’adeptes.
Dans ce contexte, la race Salers doit sa survie à la production de broutards* qui partent vers l’Italie, pays très demandeur de ce type d’animaux, mais aussi dans les régions de l’est de la France. De plus, la production de viande bovine à partir d’animaux jeunes (18-24 mois) fait son apparition et s’avère plus rentable économiquement que la production de bœufs.
Dans les années 1970, la race Salers, comme les autres races bovines, n’échappe pas à la brucellose. Un certain nombre d'exploitations du Cantal sont touchées. L’extension de la race aux autres territoires français, notamment vers l’est, est alors ralentie. |